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- Peut-tu nous expliquer en quelques mots ta démarche photographique
?
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- Elle a commencé à PARIS VIII, lorsque j'ai présenté
un projet de maîtrise sur le rapport de la photographie et de la
sculpture appréhendé d'après les textes de WOLFLIN.
Je suis parti de sa réflexion théorique sur la prise de vue
frontale dans la sculpture, en démontrant à contrario que
la photographie permet de dégager une "multiplicité
de point de vues".
- Pour l'aspect pratique , le premier probleme, fut le choix de l'appareil.
Apres réflexion,je me suis fixé sur un 6x6 car le format
carré me semblait répondre le mieux à ce type d'investigation.
Je suis attaché à cette figure équidistante du carré.
Puisqu'il s'agissait d'une démonstration formelle d'une réflexion
théorique, il fallait qu'elle soit formelle au niveau de la prise
de vue et du cadrage.
- Pour illustrer ce propos de la "multiplicité de points
de vues", la première sculpture que j'ai retenu est le "Thésée
et le Minautore" de Jules-Etienne Ramey du jardin des Tuileries (sculpture
en ronde-bosse d'un groupe de combattant).
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- Et pour en venir à ton travail actuel sur la peinture?
-
- J'ai appliqué la même méthodologie : celle de la
multiplicité dse points de vue, qui répond à un concept
de "plan-séquence cinématographique". Mais je voudrais
soulever un problème : celui du cadre ; il ne s'agit plus ici de
tourner autour de la sculpture (cadre virtuel), mais bien de pénétrer
à l'intérieur de la peinture (cadre limite matérialisé).
- Dans cette peinture classique à laquelle je m'interresse, il
existe des codes visuels qui sont inscrits, sinon dissimulés à
l'interieur de l'oeuvre. La saisie photographique fait ainsi remonter alors,
par focalisation et agrandissement, ces codes à la surface.
-
- Comment ton travail est-il reçu par les institutions muséales
?
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- lors de la présentation de montravail au conservateur, il y
a trois types d'accueil : carrément enthousiaste, courtois mais
indifférent et puis le rejet pur et simple : "vous détournez
le propos du peintre!"
- En ce qui concerne le premier cas, je pense pouvoir citer cette phrase
d'Alain Tapié (conservateur du musée de Caen), qui dit tenir
pour "tout à fait fascinantes certaines révélations
sur la dynamique de la composition qui nous apparaîssent, grâce
à ces dérives de l'image proposées par le photographe".
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- Et en ce qui concerne les institutions photographiques ?
-
- Mon travail est présent au sein de certaines institutions :
le musée Carnavalet, la B.N., Paris Audiovisuel, le musée
Niepce. mais je me pose certaines questions quant à la façon
dont mon travail est perçu. En réalité, j'ai eu peu
de diffusion autour de ce travail, au regard de ces acquisitions.
-
- Comment conçois-tu la mise en place de ton travail à
travers un espace ?
-
- Jusqu'à présent mes expositions ont été
présentées de façon relativement traditionnelle. Si
on reparle de la photographie comme art de la fragmentation et du multiple,
il est évident que celle-ci ne doit pas rivaliser avec la peintire
en tant qu'oeuvre unique, sous l'habillage trop conformiste du cadre ou
de la marie-louise.
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- Mais ne penses-tu pas tu te dégages de ce cadre, tu vas alors
provoquer une autre lectur de tes photographies ?
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- C'est certain.
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- Et justement, dans le "cadre" du Mois OFF, comment exposeras-tu
ton travail ?
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- Eh bien, j'ai donc pensé à une présentation "hors-cadre",
qui répond à un concept de "plan-séquence cinématographique",
sur support photocopie. d'une part pour libérer la peinture de son
statuts d'objet-tableau, la soustraire à son "archéologie",
d'autre part pour la réintégrer dans un langage quotidien.
C'est une expérience, c'est une tentation ! Comment se sortir de
cette image unique, cette ancrée dans la tradition ? Comment s'en
sortir ? Dans le cadre du Mois OFF, il me semble qu'il faut jouer ce jeu
de l'ouverture.
-
- Entretien réalisé par Christophe Galatry et Isabelle
Menu en avril 1996
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