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- Il faut savoir gré aux institutions de nous permettre
un bonheur toujours vif : s'en exclure. Folâtrer dans les marges.
Elles n'y perdent rien. Le in se nourrit du off, comme
le éléphants des vertes prairies (sans lesquels ils dépériraient,
de
faim et d'ennui). Dominique Soulé appelle cela "une position
dialectique".
Elles ont bien raison (la dialectique et Dominique). En économie,
la
concurrence fait baisser les prix ; en art, elle fait monter le talent.
Boileau, notre ancêtre à tous, à sa manière
un peu lourde, l'a déjà
signalé dans son Art poétique :
- Quelquefois dans sa course un esprit
vigoureux
Trop resserré par l'art sort des règles prescrites
Et de l'art même apprend à franchir leur limites.
Nous voilà donc off limit. Serait-ce
à dire dans l'extravagant
et dans le bizarre? Pas nécessairement. Je gagerai plutôt
qu'il
s'agit de rendre à un art populaire l'espace, le jeu qu'il mérite,
un peu partout dans la ville, là où on travaille en s'ennuyant,
où on déambule en rêvant, où on a la tête
ailleurs. Où on est sans
idée derrière la tête, bon pour l'acte gratuit, le
hazard objectif,
le "montre-moi pour voir". Bon pour la beauté, en somme
- et
surtout celle qui se cueille au vol.
Le Mois de la Photofait excellemment son travail, dans les limites
qui sont les siennes. Pourquoi en sortir, demanderez-vous?
Pour aller où? Du côté du sentiment, contre l'artifice
technique?
Allons donc. La photo est toujours l'image qui sort de l'apareil.
Du côté des révoltés, hors des sentiers battus?
Allons. Il n'y a pas
d'académmie française de la photographie, et chacun sait
que l'insoumission
est devenu le chemin le plus droit vers le bicorne. Même grand écart
que l'autre - entre les vedettes et les obscurs toujours plus obscures
-,
je suis sûr que ceux qui font la photo buissonière ne sont
pas des petits
plaisir?
Du leur et du nôtre. Cela suffit.
Pour parvenir à l'aventure, avec eux tous. A travers tout Paris,
le dos tourné au tout Paris.
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